— Elle fait quoi comme métier ta mère? — Euh… attends …

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Lorsque j’ai rempli  une fiche d’inscription à un atelier, j’ai calé sur la case « profession ». Dans un premier temps, je me suis vue comme « Zézette épouse X », du film Le Père Noël est une ordure. En pensant à  tout ce que je fais, je devrais répondre « ça dépend » . Mais « ça dépend » , non seulement ça dépasse, mais ça ne dit rien. Je pourrais aussi inventer une profession comme le « bureauyer » de Zézette, mais je serais la seule à me comprendre ou presque.

Lors d’un échange avec mes filles, nous avons parlé de cette très ancienne difficulté qu’elles ont à parler de moi à l’extérieur. Mon mari, lui, a résolu le truc en disant « ma femme, je ne sais pas trop ce qu’elle fait, à part sorcière, je ne vois pas ». Sorcière, je ne peux pas le mettre sur ma fiche d’inscription. Et puis, je n’ai pas trouvé le code APE correspondant (code métier de la nomenclature officielle).

Finalement, même quand j’étais ingénieure en entreprise et que je leur parlais de mon travail, ça n’était pas plus clair! Derrière ce mot se cachent des centaines de possibles, mais au moins, il est reconnu.

Les lecteurs habitués de ce blog savent que j’aime non seulement jouer avec les mots, mais aussi aller chercher leur racine et donc la vibration qui les porte et nous influence consciemment ou non. (par exemple Travailler sur soi … et puis quoi encore ??? )

Le mot profession vient de « professio, -onis«déclaration, déclaration publique, action de se donner comme» d’où «état, condition, métier» » (source cnrtl.fr). Me revoici devant la question, déclarer publiquement, d’accord, mais quoi??? quelle profession?

Le mot métier :  Ce mot (d’abord « menestier », puis « mistier » et enfin « mestier ») est le doublet courant de ministère. Il est issu du latin « ministerium », « fonction de serviteur, service, fonction ». Du latin minister : agent, celui qui aide… (source : sites.google.com/site/etymologielatingrec). J’aime bien cette idée de service! Mais bon, je ne sais toujours pas mettre un mot sur ce que je fais.

J’ai commencé à explorer le mot  « emploi ». Quel est ton emploi? Et là, j’ai senti que mon cerveau commençait à bouillir en accueillant toutes les façons possibles d’interpréter ce mot. Stop. Ma quête n’est pas de chercher un emploi (je sais « à quoi je suis utile »), mais de mettre un mot dans la case profession de cette fiche d’inscription!

Sorcière? ce serait bien. Ce mot est en train de retrouver toute sa noblesse (voir l’excellent livre d’Odile Chabrillac Âme de sorcière qui vient de paraître). Pas sûre que le monde soit prêt.

Géobiologue? Oui et non. Ce que je propose s’ancre en partie sur les principes de la géobiologie mais est très différent dans l’équilibrage du lieu avec ses habitants.

Thérapeute? Non. Pourquoi? Juste non. Je ne me sens pas thérapeute, même si je suis témoin émerveillée de transformations profondes et joyeuses chez les personnes que j’accompagne.

Coach? Non. Je ne pratique plus le coaching au sens professionnel même si j’ai gardé la magnifique posture de coaching dans tout ce que je fais (en particulier, la posture dite basse, face au client et à sa demande, en facilitant l’émergence de ses propres réponses et passages à l’action).

Consultante? Non. Il a la même racine que conseil. Il me fait immédiatement penser à la posture haute de celui ou celle qui SAIT et qui dit à l’autre ce qui est bon pour lui. Et pourtant, c’est bien ce mot que j’ai mis, par défaut, parce que c’est le plus vague et qu’il a un code APE!

Si je pouvais, je mettrais ÉCLAIREUSE. L’éclaireur-se teste des voies, accompagne des clients dans ces voies juste le temps de leur voyage, leur apprend l’autonomie, met de la lumière pour leur permettre de mieux (se) voir, appelle la Lumière en soutien…

Note: j’ai eu des remarques après diffusion de cet article sur le mot éclaireuse. Dans mon esprit, il s’agissait du féminin de l’éclaireur ou guide. Au féminin, il fait penser à une lampe ou à une girl-scout laïque. Même moi, spontanément, je vois plus de noblesse et de puissance dans le mot masculin… Ce n’est pas le seul, mais ceci est un autre sujet, très présent dans l’actualité….

Voici ce que j’en dis sur mon site:  

Faciliter et transmettre 

Ces deux verbes résument parfaitement mon rôle sur le plan professionnel :

  • Faciliter : dans l’accompagnement des personnes ou des lieux, je suis au service du processus de changement, sans forcer, sans ingérence, sans jugement.
  • Transmettre : par les livres, les accompagnements audio, le blog , les formations, je nourris ma joie de transmettre ce que je découvre, mes outils, mes visions parfois décalées de la réalité

Mais ça, dans la case profession, ça dépasse! Finalement, c’est peut-être bien pour cela aussi que j’ai écrit le livre « Le Pardon de soi« . Comme ce blog, dans son esprit, j’y parle de ce que je fais mais aussi de qui je suis. Je ne suis pas ce que je fais!! 

 

4 Responses

  1. Nadine Agatensi

    Bonsoir Laurence

    Oui consultante c’est un « bon mot » mdr, cela englobe tellement de choses !
    Je crois que je vais commander ce livre ! je ne suis pas encore sortie du tunnel.
    Bonne continuation
    Amicalement

  2. Laurence Aubourg

    Bonjour Nadine,
    Je souhaite de tout cœur que vous vous rapprochiez de la sortie de ce tunnel dans lequel vous déambulez depuis longtemps. Le mot est fort et chargé de symboles. J’aimerais bien que vous partagiez avec moi la façon dont vous accueillez la lecture de ce livre si vous l’achetez. Chaleureusement, Laurence.

  3. Sabrina Benoit

    Bonsoir Laurence
    Je souris intérieurement en lisant cet article. Je me suis retrouvée avec le même dilemme entre les mots consultante et éclaireuse pour définir ce que je fais.
    Le premier ne résonnant pas en mon être mais rentrant dans les cases administratives.
    Le second résonnant en mon être mais inconnu aux fichiers administratifs.

    J’aime la légèreté décrite dans cet article, la racine du vivant qui y respire non figée dans des cases autorisant la liberté d’être.
    La liberté d’accueillir l’instant sans entrer dans un moule prédéfinis.

    Un grand merci pour ces partages toujours riches et bienveillant qui émanent ici ou au coeur de ce magnifique livre « le Pardon de Soi »

    Bien chaleureusement
    Sabrina

  4. Laurence Aubourg

    Merci Sabrina. Sorcières, soeur-cières, éclaireuses, sourciers, éclaireurs, fées, magiciens, enchanteurs et enchanteresses… partenaires du plus grand bien, dans le rire et la magie (l’âme agit bien sûr). Les « qu’on su le temps », les « consuls tentent » aussi …. OK OK… j’arrête!
    De tout coeur,
    Laurence

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