Il faut se battre dans un monde où la concurrence fait rage … au secours! c’est où la sortie?

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Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été mal à l’aise avec l’idée de compétition et de concurrence. Même quand je caracolais en tête dans les classements scolaires, je ne me sentais pas en compétition contre les autres pour avoir une meilleure place. J’agissais dans un but  de réussite personnelle, atteinte  par une sorte de « perfectionnite aigue » et en bénéficiant de capacités intellectuelles certaines.

Je n’ai pas eu à entrer dans la compétition pour gravir les échelons des classements scolaires. Je n’ai pas eu à porter de jugement  sur celles et ceux qui avaient de moins bons résultats. Je repérais plutôt chez les autres ce que je n’avais pas et qui me faisait envie (faire rire les autres, être à l’aise dans les groupes, être doué en sport, être audacieux, faire du dessin, être créatif, avoir le sens de la repartie, être bien en famille …). Quelque chose en moi, profondément, savait que nous avons tous des talents à exprimer de façon unique, à notre place, sur Terre.

Quand je travaillais en entreprise, j’ai fui autant que possible toute posture de compétition ou de concurrence. Je ne dirais pas que j’y suis parvenue complètement. Je suis entrée dans le jeu des comparaisons, des jugements, des condamnations, de la quête de la meilleure augmentation de salaire, de la performance à tout prix, tout en essayant de ne pas oublier mon humanité et celle de chaque personne avec qui je travaillais. J’ai terminé en burnout.

En devenant indépendante, j’ai suivi mon parcours, en faisant mes choix d’apprentissages, de développements, de créations et en choisissant également des partenaires pour co-apprendre, co-construire, co-créer, dans l’exigence et la bienveillance à la fois.

Compétition, concurrence … pff… vade retro satanas! Je suis au delà de ça!
Et pourtant, dernièrement, j’ai vécu une grande émotion quand quelqu’un a parlé de moi comme d’une « concurrente ». J’ai cueilli cette émotion comme une information précieuse.

La première chose qui est remontée, c’est la colère : non, je ne suis pas en concurrence avec qui que ce soit, je ne veux rien prendre à qui que ce soit. Il y en a assez pour tout le monde et tout le monde a sa place. Ensuite, cela a été le chagrin : je suis vue comme une concurrente, donc comme quelqu’un à ralentir, voire à faire tomber. On pourrait me vouloir du mal. Et enfin une grande fatigue, je ne veux pas vivre dans un monde de concurrence, de compétition. J’ai envie d’autre chose, d’émulation, d’enjeux personnels, de créativité, d’innovation, de jeux, pour moi et en coopération avec d’autres.

Ma réaction émotionnelle est venue me dire que je n’en avais pas tout à fait terminé personnellement avec la dualité, avec le modèle pyramidal et hiérarchique, avec la croyance de manque (il n’y en a pas pour tout le monde), avec le combat. Je suis porteuse de  croyances anciennes aussi, même si une de mes quêtes est d’œuvrer à l’émergence d’autre chose. Je me suis occupé de cela avec mes outils.  Intéressant de découvrir par exemple que je pensais être  libérée alors que très profondément, je ne faisais que fuir. Un fugitif n’est jamais libre n’est-ce-pas?

J’aime bien aller explorer la vibration des mots, leur origine et de quoi ils sont porteurs. Concurrence vient du latin.

Con-currere , littéralement « courir avec », « s’élancer avec ». Dans les dictionnaires, on trouve deux définitions. L’une est dans le « avec» (elle est très peu souvent utilisée) , l’autre est dans le « contre »:

  • Qui existe, agit avec un autre, en même temps, parallèlement, pour un même but
  • Qui est en compétition, en concurrence avec quelqu’un ou quelque chose dans un même but, rival

Alors, je choisis  la première et je  clame haut et fort que, oui,  je suis la concurrente de tous ceux qui sont au service de l’émergence d’un monde plus joyeux , créatif et en paix. 😀

A propos , savez-vous d’où vient rival?  Littéralement, cela signifie « sur la même rive de rivière » . Il faut se battre pour être sur la même rive?

 

5 Responses

  1. Daniele de Lutzel

    c’est tellement ca! Enfant, j’ai detesté les gouters d’anniversaire parce qu’il fallait faire des ‘jeux’ competitives… le reste ressemble à ton recit.

  2. Anne Corbellari Gingrich

    Bonjour Laurence,
    C’est toujours avec grand plaisir que je reçois tes perles de sagesse!
    Ça fait un moment que je cherchais un endroit où lire des choses inspirantes et oui, j’ai vraiment envie d’avancer et de partager avec d’autres gens qui sont dans ce même élan d’amour!
    Cordialement
    Anne

  3. Laurence Aubourg

    Merci! Vous êtes, Anne , Danièle, des compétitrices et des rivales, que je salue.
    Depuis mon billet, il m’est venu intérieurement l’injonction « relaxe toi ».
    Je l’ai entendue comme détend toi, mais aussi le verbe « relaxer » utilisé pour une sortie de prison définitive, pas une posture de fugitif. Et aussi Re-l-axe … j’ai retrouvé MON axe .
    Chaleureusement. Laurence

  4. Kerbart Anne

    Merci Laurence; que ce billet m’est doux. Je suis en paix d’être concurrente en oeuvrant au service des autres, au côté de mes pairs 😉

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