
Ce matin, ça m’est tombé dessus sans prévenir pendant une méditation. Une grande bouffée de chagrin, profonde, désespérée (littéralement « sans espoir »). J’ai senti que c’était très ancien, comme si je l’avais trimbalée de vies en vies depuis si longtemps.
Le facteur déclenchant est la relecture de l’Enchanteur de Barjavel. Cela aurait pu être tout aussi bien un autre livre, une musique, la contemplation d’un tableau, un paysage, une rencontre.
Je me suis centrée dans le coeur, j’ai écouté et entendu les « c’est foutu », « c’est perdu à jamais ». J’ai ressenti le déchirement d’avoir « un jour » quitté un paradis pour aller vivre des expériences de dualité, de combats, de solitude, d’éloignement, de dureté, de souffrance. J’ai compris aussi que quelque chose en moi avait cru que l’illusion c’était ce paradis, que la réalité était ce monde si dur.
Le mot qui m’est venu spontanément en écrivant le titre est « nostalgie ». En allant chercher sa définition, j’ai été ébahie par sa justesse: « Mal du pays, dépérissement causé par un désir violent de retourner dans sa patrie. Étymologie : Termes grecs signifiant retour et douleur, mal »..Extrait du Littré.org
Qu’ai-je fait de ce chagrin? Je me suis comme enveloppée dans un manteau tout doux et j’ai prononcé un pardon de soi pour dissoudre ces mémoires. « Je me pardonne d’avoir cru que j’avais perdu le Paradis à jamais ».
Ceci est mon expérience mais je crois que nous avons tous, enfouis en nous, des mémoires et des chagrins infinis que nous laissons là, parce que c’est trop douloureux de les laisser émerger, parce qu’une partie de nous a abandonné consciemment ou non, tout espoir. Quand ils émergent, plutôt que de les enfouir de nouveau, on peut faire une demande intérieure pour être enveloppé(e) d’Amour, les accueillir avec tendresse . Pour les dissoudre, il y a beaucoup d’options possibles. Celle que je pratique est le pardon de soi:: « je me pardonne de croire que .. ».