Chères lectrices, chers lecteurs, je suis mon élan pour partager ce que je viens de vivre avec étonnement.
J’ai choisi ce matin en guise de moment méditatif, d’écouter pleinement et en présence, le Requiem suivi par le Cantique de Jean Racine de Fauré. A surgi brusquement le souvenir d’un de ces moments qui laissent une empreinte visible ou enfouie. Un moment où on n’a pas osé parler, où on ne s’est pas arrêté dans notre vie de dingue, où on n’a pas pris le temps de dire, où on n’a pas osé prendre dans ses bras, où on a eu peur de la rencontre … et l’impossible qui a suivi car la personne est partie de l’autre coté du voile…
On reste en suspens un temps et puis on reprend sa vie, avec du regret ou de la culpabilité et parfois on oublie. C’était mon cas. J’ai été surprise car c’était un évènement que j’avais considéré comme anodin. Je ne connaissais pas vraiment cette personne qui a disparu en montagne le lendemain.
Tout en me laissant porter par la musique, je suis revenue à ce moment où j’avais fait le choix de ne pas rencontrer, de ne pas dire. Je nous ai imaginés dans une bulle de Lumière, reliés. J’ai demandé à l’Amour de nous envelopper. J’ai demandé pardon. Et en faisant cela, j’ai perçu que l’autre était resté également dans cet état de suspens, d’inachevé, de moment passé. Il n’avait pas osé non plus. J’ai pardonné. Et je me suis pardonnée pour tout jugement, pour toute la culpabilité que je portais, sans le savoir. Même si ce n’était pas un moment perdu important, son empreinte était bien là.
On sait bien l’importance de dire l’essentiel quand les gens sont là, de regarder vraiment, d’écouter son cœur et son âme quand ils nous soufflent d’oser. On a raté la cible parfois. Je crois qu’on peut toujours revenir à ces instants que l’on considère comme loupés et demander à l’Amour d’agir. Sans oublier la leçon…